Vous cherchez à retrouver ce far breton fondant qui évoque les goûters chez mamie, avec son cœur crémeux et ses bords caramélisés ? La clé réside dans une technique ancestrale transmise de génération en génération : le choc thermique. En versant une pâte bien froide dans un plat brûlant nappé de beurre doré noisette, vous obtenez cette texture contrastée si particulière. Cette méthode, utilisée par Hélène Kerjean pour remporter le championnat du monde 2024, transforme quelques ingrédients simples en un dessert breton authentique inoubliable.
| Préparation | 15 minutes |
| Repos | 30 minutes |
| Cuisson | 40 minutes |
| Difficulté | Facile |
| Portions | 6 personnes |
📋 L’essentiel à retenir
- Le lait entier froid garantit l’onctuosité et le moelleux du gâteau
- Versez toujours la pâte glacée dans un plat brûlant pour obtenir la croûte dorée
- Le beurre demi-sel doré apporte ce goût caramélisé si caractéristique
- Les deux versions, nature ou aux pruneaux, sont historiquement légitimes en Bretagne
- Le far se conserve jusqu’à trois jours et gagne même en saveur après une nuit
La Recette Traditionnelle du Far Breton
Voici les ingrédients et les étapes pour réaliser un far breton maison digne des meilleures tables bretonnes. Cette préparation reste accessible à tous, même aux débutants.
Les Ingrédients pour 6 Personnes
Rassemblez ces éléments avant de commencer. Chaque ingrédient joue un rôle dans la texture finale.
- Pour la pâte
- 250 g de farine type 45 ou 55
- 200 g de sucre
- 2 sachets de sucre vanillé
- 4 œufs entiers
- 75 cl de lait entier bien froid
- 2 cuillères à soupe de rhum ambré (facultatif)
- Pour la cuisson
- 30 g de beurre demi-sel
- Quelques noisettes supplémentaires pour le dessus
- Garniture optionnelle
- 400 g de pruneaux moelleux dénoyautés
Prévoyez également un plat à gratin rectangulaire de 30 cm, un grand saladier, un fouet et un tamis.
Les Étapes de Préparation
La réalisation se déroule en deux phases : la préparation de la pâte, puis la cuisson avec la technique du choc thermique.
Première phase : préparer la pâte
- Tamisez la farine dans un grand saladier
- Creusez un puits au centre et ajoutez les œufs
- Mélangez au fouet en incorporant progressivement la farine
- Ajoutez le sucre et le sucre vanillé, fouettez énergiquement
- Versez le lait froid en deux fois : fouettez vigoureusement après la première moitié, puis incorporez le reste plus doucement
- Ajoutez le rhum si vous le souhaitez
- Placez au réfrigérateur au moins 30 minutes
Seconde phase : cuire selon la méthode ancestrale
- Préchauffez votre four à 230°C
- Déposez le beurre coupé en morceaux dans le plat non beurré
- Enfournez le plat avec le beurre seul pendant 5 à 7 minutes
- Surveillez jusqu’à ce que le beurre prenne une teinte noisette et dégage une odeur de brioche
- Sortez le plat brûlant et inclinez-le pour napper le fond et les parois
- Versez la pâte froide d’un seul trait dans le plat brûlant
- Répartissez les pruneaux si vous optez pour cette version
- Parsemez quelques noisettes de beurre sur le dessus
- Enfournez 40 minutes jusqu’à obtenir une surface dorée
- Laissez refroidir complètement avant de servir
Le Secret du Choc Thermique
Cette technique venue du fond des âges fait toute la différence entre un gâteau ordinaire et le véritable far de grand-mère. Lorsque vous versez la pâte glacée dans le plat brûlant, la surface se saisit instantanément. Cette réaction immédiate crée une pellicule qui emprisonne toute l’humidité à l’intérieur, garantissant un cœur fondant.
Le processus du beurre doré mérite toute votre attention. Enfournez le beurre seul et observez sa transformation progressive. Il fond, puis mousse légèrement. Continuez jusqu’à ce qu’il prenne cette belle couleur noisette et qu’une odeur proche de la brioche se dégage. Ce beurre doré apporte ce goût caramélisé si particulier au dessert.
Pourquoi ça fonctionne ? Le contraste de température saisit la pâte au moment du versement. L’humidité reste emprisonnée au cœur, créant cette texture crémeuse recherchée. Dans le même temps, le beurre remonte naturellement sur les bords et à la surface, formant cette croûte dorée et croustillante typique du far breton moelleux.
L’erreur fréquente consiste à verser la pâte dans un plat tiède. Cette température inadéquate annule l’effet recherché et produit un gâteau plat, sec, sans ce contraste qui fait toute la différence.
Nature ou aux Pruneaux
Le véritable Farz Forn, comme on l’appelle en breton, se déguste traditionnellement sans garniture. Cette version pure met en valeur le goût du beurre salé et la texture de la pâte. C’est d’ailleurs avec cette version qu’Hélène Kerjean a remporté le titre mondial en 2024.
Pourtant, les pruneaux restent intimement associés à ce gâteau. L’histoire maritime de la Bretagne explique cette alliance. Les marins embarquaient des pruneaux d’Agen pour leurs propriétés nutritives et leur longue conservation durant les traversées. Lors de leurs échanges commerciaux, ils troquaient leur morue contre ces fruits séchés venus du Sud-Ouest. Ainsi naquit cette rencontre entre un gâteau du Nord-Ouest et un fruit d’Agen.
Les deux versions possèdent leur légitimité. La version nature offre une texture homogène où le beurre domine, tandis que celle aux pruneaux propose un contraste entre la pâte crémeuse et les fruits fondants. Votre choix dépendra de vos préférences et de vos souvenirs. Certaines grand-mères ne jurent que par la simplicité, d’autres considèrent les pruneaux moelleux comme indispensables.
Pour une variante originale, remplacez le lait par du jus de pomme fermier et ajoutez des dés de pommes revenues au beurre. Cette version apporte une touche fruitée tout en conservant l’esprit traditionnel du dessert breton.
Conseils de Conservation et Dégustation
Votre far breton se conserve parfaitement pendant deux à trois jours à température ambiante, placé dans une boîte hermétique. Certains affirment même que le goût s’améliore après une nuit de repos, les saveurs ayant le temps de se développer pleinement.
Si vous souhaitez le préparer à l’avance pour un repas familial, n’hésitez pas. Sortez-le du réfrigérateur trente minutes avant de servir pour qu’il retrouve une température agréable. Il peut également se déguster légèrement tiède, quelques heures après la cuisson, moment où le contraste entre le cœur fondant et la croûte reste optimal.
Le far retombe naturellement en refroidissant. Ce phénomène est tout à fait normal et fait partie de la recette traditionnelle. Ne vous inquiétez pas si votre gâteau perd un peu de volume une fois sorti du four, c’est le signe d’une cuisson réussie.
Pour l’accompagnement, les Bretons le dégustent volontiers avec un verre de cidre artisanal ou un café. Les enfants l’apprécient au goûter avec un bol de lait. Sa simplicité en fait un dessert universel qui traverse les générations sans prendre une ride.

